Le Mensonge : ce qui nous éloigne du Vrai


Dans un [précédent article](social.le-fil.net/display/31c9…), nous avons distingué le Vrai — accessible, mais toujours partiel — de la Vérité, encore hors de portée de l'homme. Chercher le Vrai est un chemin, un corridor, qui exige un effort constant : regarder les faits sans laisser nos préférences décider à notre place.

Mais qu'est-ce qui nous détourne de ce chemin ? Le mensonge.

## Deux visages du mensonge
Il y a d'abord le mensonge que l'on dit aux autres : déformer un fait, cacher une information, faire croire ce qui n'est pas. Il abîme la confiance et isole, là où le Vrai rapproche.
Il y a aussi, plus discret et plus dangereux, le mensonge que l'on se dit à soi-même. Se persuader qu'on a raison pour éviter de se remettre en question. Fermer les yeux sur une évidence gênante. Le Signe va jusqu'à dire qu'il n'est pas de mensonge plus pernicieux que celui-là, parce qu'il se confond avec notre propre voix.


Le mensonge n'est pas nécessairement le pire des péchés, mais il est aujourd'hui le plus préoccupant : on peut mentir chaque jour presque sans effort et sans être détecté, alors qu'on ne peut pas voler ou être cruel indéfiniment sans que cela se voie. C'est aussi la source d'un nombre considérable de malheurs, des petites tromperies quotidiennes jusqu'aux idéologies qui ont mené aux pires guerres.

Il faut distinguer l'erreur, involontaire, du mensonge, qui suppose la lucidité — une tromperie voulue, en pleine conscience.

Une prison intérieure
Le mensonge fonctionne comme une prison : une fois accepté, il faut le défendre, l'entretenir, le protéger de la lumière. Chaque mensonge en appelle un autre, et la liberté se rétrécit. Chercher le Vrai, à l'inverse, libère, même quand la vérité découverte dérange.

Sur le plan individuel, le mensonge prend souvent la forme d'un rôle qu'on endosse — un « faux-nez » ajusté à chaque situation — jusqu'à parfois perdre le contact avec son propre visage. Sur le plan collectif, il devient une culture de la façade : publicité, communication politique, usages professionnels organisés autour de l'apparence. Cette culture use la confiance ; elle produit moins des menteurs que des sceptiques fatigués, repliés sur leur méfiance. Les médias modernes n'ont pas créé ce penchant, mais ils lui donnent une portée et une vitesse inédites.

Que faire, alors ?
Le silence reste la seule alternative véritablement sûre au mensonge — sans être pour autant un devoir de tout dire à qui que ce soit. L'inexactitude, elle, est une alternative acceptable : aucune parole humaine n'épuise jamais entièrement le réel, et cette imperfection n'est pas mensonge tant qu'elle n'est pas voulue comme tromperie.

Reste, avant tout, la vigilance envers soi : où est-ce que je me mens à moi-même ? Cette question rejoint ce que nous disions du Vrai — il exige un effort et une humilité que le mensonge, chemin de la facilité, n'exige jamais.

La Vérité, selon le Signe, c'est que le monde doit changer (28/7) — et ce changement commence par soi. Refuser le mensonge, sous toutes ses formes, c'est déjà y participer.

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*Article inspiré par Le Signe et les articles du blog de Michel Potay sur le sujet : [michelpotayblog.net](michelpotayblog.net/)*