Faim, chômage et pouvoirs


En 1984, Michel Potay publiait un article intitulé Faim, chômage et pouvoirs. Il y développait une critique très forte des pouvoirs politiques, financiers, industriels, idéologiques ou religieux lorsqu’ils deviennent des systèmes qui se protègent eux-mêmes et finissent par dominer les hommes.

L’idée centrale est radicale : beaucoup de malheurs que nous présentons comme des fatalités ne le sont peut-être pas. La faim, le chômage, l’exclusion ou certaines formes de pauvreté peuvent aussi résulter de choix humains, d’organisations, de rapports de force, de mécanismes qui finissent par empêcher les hommes d’agir librement les uns avec les autres.

La monnaie, la technique, l’administration, les institutions ne sont pas nécessairement mauvaises en elles-mêmes. Le problème commence lorsqu’elles cessent d’être des outils au service de l’homme et deviennent des moyens de contrôle, de dépendance ou de domination.
Mais il faut faire attention à ne pas transformer cette critique en une nouvelle idéologie.
Dire que les pouvoirs peuvent défendre leurs intérêts, produire de l’injustice ou maintenir des dépendances ne signifie pas que tout est volontairement organisé contre les hommes, que toute institution est mauvaise, que tout expert ment ou que tout ce qui existe doit être rejeté.
Sinon, on remplacerait une confiance aveugle par une méfiance tout aussi aveugle.
Le Signe va beaucoup plus loin qu’une simple critique politique. Il ne dit pas : prenons le pouvoir à ceux qui l’ont. Il ne propose pas de remplacer un système par un autre. Il invite à ne pas mettre notre espérance dans les pouvoirs, parce que le monde changé ne viendra pas d’eux.
Le changement attendu est d’abord celui de l’homme.
Un homme plus libre, plus intelligent, plus fraternel, plus juste, plus créatif et plus responsable aurait progressivement moins besoin de structures qui commandent, surveillent ou contraignent.
Cette liberté n’est pas l’individualisme. Elle ne consiste pas à faire ce que l’on veut sans se soucier des autres. Elle est inséparable de l’amour, de la justice, de l’intelligence et du souci du prochain.
C’est pourquoi la disparition du pouvoir ne peut pas être décrétée. Elle suppose une transformation profonde de l’homme lui-même.
Et cette transformation ne serait pas seulement sociale ou morale. Dans les développements plus récents autour du Signe, Michel Potay insiste davantage sur une dimension métaphysique : l’homme ne serait pas un être isolé, enfermé dans sa seule condition matérielle. Il existerait des interactions possibles entre les hommes, leurs consciences, leurs volontés, les forces de l’univers et des puissances cosmiques que nous connaissons encore très mal.
Cela change la perspective.
Il ne s’agit plus seulement de savoir quel système politique ou économique serait meilleur.
Il s’agit de se demander jusqu’où l’homme peut évoluer, se transformer, devenir plus libre et plus créateur, au point de rendre progressivement certaines formes de pouvoir inutiles.



C’est peut-être là que l’article de 1984 reste le plus actuel. Non pas comme un programme politique à appliquer.
Mais comme une invitation à ne pas considérer comme éternelles des formes de domination que l’homme a lui-même construites.
Et à poser cette question :
Sommes-nous condamnés à reproduire toujours les mêmes pouvoirs, ou sommes-nous capables de changer assez profondément pour inventer autre chose ?


Réflexion à partir de « Faim, chômage et pouvoirs », Michel Potay, Le Pèlerin d’Arès, 1984.©
Édition épuisée
Mais vous pouvez découvrir la pensée de frère Michel sur ces sujets dans son blog

michelpotayblog.net/

#ChangementSocietal #Transformation #ChangementDeMonde #ÉcologieHumaine #FoiLibre #InternetLibre #MondeEnTransition #Spiritualité

ont partagé